Arreter de trop se justifier pour retrouver de l’impact en mission SAP

En mission SAP, ton impact ne vient pas de la quantite d’explications que tu donnes. Il vient de ta capacite a dire l’essentiel, clairement, et a t’arreter.

L’essentiel

  • La sur-justification dilue ton message et affaiblit ta credibilite de consultant.
  • Un client, un key-user ou un chef de projet suit mieux une phrase claire qu’un long paragraphe rempli de precautions.
  • Reperer ou tu te sur-justifies est la premiere etape pour retrouver de l’impact.
  • Un plan d’action simple sur une semaine suffit a changer ta posture en atelier et en comite.

1. Clarte et explication, ce n’est pas la meme chose

Beaucoup de consultants SAP confondent les deux. Pour etre bien compris, ils expliquent. Ils precisent, ils nuancent, ils contextualisent. Ils ajoutent une phrase, puis une autre, puis une autre.

Et a force de vouloir etre bien compris, ils finissent par perdre l’essentiel : leur message.

La clarte, ce n’est pas en dire plus. C’est aller droit au coeur de ce que tu veux transmettre. En atelier de conception, en comite de pilotage, dans un mail de reporting, la personne en face n’a ni le temps ni l’envie de dechiffrer trois paragraphes de precautions pour trouver ton point.

Ce reflexe de sur-justification a souvent une racine simple : la peur. Peur de ne pas etre legitime, peur de deranger, peur qu’on remette en cause ton analyse. Alors tu couvres tes arrieres avec des mots. Sauf que sur un projet SAP, c’est l’inverse qui se produit : plus tu te justifies, moins tu parais sur de toi.

Une phrase claire a souvent plus de force qu’un long paragraphe rempli de precautions.

2. A quoi ressemble la sur-justification sur un projet SAP

Le probleme, c’est qu’on ne se rend pas compte qu’on le fait. Voici quatre situations tres concretes ou ca arrive tout le temps en mission, avec la version qui dilue et la version qui porte.

En atelier de conception, quand tu veux challenger un besoin

Tu ne dis pas : « Alors, je suis desole, je ne suis peut-etre pas le mieux place pour en parler, mais je me demandais si eventuellement on ne pourrait pas revenir sur ce point du flux, parce que j’ai l’impression qu’il y a peut-etre un truc pas tout a fait clair, enfin je ne sais pas… »

Tu dis : « J’aimerais qu’on revienne sur ce point du flux. Aujourd’hui, il n’est pas encore clair pour moi, et je veux etre sur qu’on parametre la bonne chose. »

Face a un key-user, quand tu as besoin d’une information

Tu ne dis pas : « Je ne veux surtout pas te deranger, je sais que tu es tres pris en ce moment, mais je voulais juste savoir si par hasard ce serait peut-etre possible que tu me montres comment vous faites la reception aujourd’hui, si tu as le temps bien sur… »

Tu dis : « Tu aurais 15 minutes cette semaine ? J’ai besoin que tu me montres comment vous faites la reception aujourd’hui, ca conditionne le parametrage. »

En comite de pilotage, quand tu annonces un point d’attention

Tu ne dis pas : « Bon alors, je ne voudrais pas alarmer, ce n’est peut-etre rien, mais il se pourrait qu’eventuellement l’interface IDoc pose un petit souci, enfin ce n’est pas encore certain, il faudrait creuser, je dis ca je ne dis rien… »

Tu dis : « Il y a un point d’attention sur l’interface IDoc. Je le confirme d’ici vendredi. Si c’est confirme, ca decale l’integration de deux jours. »

Dans un mail de reporting, quand tu presentes une decision

Tu ne noies pas ta recommandation sous cinq lignes de « il me semble que peut-etre, sous reserve de validation, on pourrait envisager de ». Tu ecris : « Ma recommandation : garder le standard SAP sur ce process. Raison : le specifique couterait trois jours de dev pour un gain marginal. »

A eviter en mission

Empiler les « je ne suis pas sur mais », « peut-etre que », « si jamais », « je dis ca ». Chaque precaution que tu ajoutes envoie au client le signal inverse de celui que tu veux : que tu doutes de ta propre analyse. Un client ne paie pas un consultant pour ses hesitations, il le paie pour ses reponses.

3. Pourquoi la clarte renforce ta posture de consultant

Les consultants qui ont de l’impact ne sont pas ceux qui parlent le plus. Ce sont ceux qui savent aller droit au coeur du message. Et sur un projet SAP, ou tout le monde manque de temps et ou les decisions coutent cher, cette capacite fait une vraie difference.

Une phrase claire produit quatre effets concrets :

  • Elle aide l’autre a te suivre, meme un interlocuteur non SAP qui ne comprend pas ton jargon.
  • Elle donne du poids a ton analyse : on retient une recommandation nette, pas une hesitation.
  • Elle te permet de prendre ta place sans forcer, sans hausser le ton, sans t’imposer.
  • Elle evite que ton message se dilue et se perde dans les comptes-rendus.

Vu en mission

Un consultant fonctionnel en atelier passe dix minutes a justifier pourquoi il propose de garder le standard, en s’excusant a moitie a chaque phrase. Le client decroche. Un autre, sur le meme sujet, pose une seule phrase : « Mon conseil, c’est le standard. On gagne trois jours de dev et zero maintenance specifique. » Silence, puis le chef de projet enchaine : « Ok, on part la-dessus. » Meme idee. La difference n’etait pas la competence. C’etait la clarte.

4. La regle simple avant de parler

Avant de prendre la parole en reunion ou d’envoyer un mail important, pose-toi une seule question :

Quelle est la version la plus simple, la plus claire et la plus directe de ce que je veux dire ?

Puis tu la dis. Simplement. Et tu t’arretes. Le silence apres une phrase claire n’est pas un vide a combler. C’est l’espace qui laisse ton message exister.

Reflexe consultant

Apres avoir pose ta recommandation, ne rajoute rien pour meubler. Laisse la question ou le silence a l’autre. C’est souvent la que se joue ta credibilite : dans ta capacite a assumer ton point sans le rehabiller.

5. Ton plan d’action de la semaine

Cette semaine, un seul objectif : reperer et corriger la sur-justification, un cas par jour. Voici comment proceder concretement.

  1. Observe. Repere les moments ou tu te justifies sans necessite, chez toi comme chez les autres, en atelier, en point d’equipe ou dans tes mails. Note-les mentalement ou par ecrit.
  2. Isole une justification par jour. Choisis un cas concret de ta journee : une demande recurrente, une limite que tu poses, une recommandation que tu as du mal a assumer.
  3. Reformule. Ecris la version la plus simple, claire et directe de ce que tu voulais dire. Enleve les « peut-etre », « je ne suis pas sur », « je ne veux pas deranger ».
  4. Dis-la, et arrete-toi. En reunion ou dans un mail, utilise la version courte. Puis laisse-la exister sans rajouter de precaution.
  5. Mesure l’effet. Note comment l’autre reagit. Tu verras vite que la version courte passe mieux, pas moins bien.

Retrouver de l’impact ne demande pas d’en dire plus. Ca demande d’en dire moins, mais mieux.

Tu te reconnais dans ces situations ?

La posture d’un consultant se travaille autant que sa technique SAP. Si tu veux echanger sur ta facon de communiquer en mission et gagner en impact, on peut en discuter directement.

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